ORGANISATION, VIE DEMOCRATIQUE et NUMERIQUE
Prénom : Jean-François
Email : jfpenin@cher.pcf.fr
Section : Bourges
Sujet : Organisation, Socialisme/Communisme
Contribution :
Organisation, vie démocratique
et numérique
Contribution Jean-François PENIN. Section de BOURGES
pour 40ème congrès du PCF.
Contexte :
Dans une société où l’on communique en vidéos de 40 secondes ou avec 140 caractères, où les pires mensonges et absurdités sont véhiculées sur les chaînes de télévision des grands milliardaires, dans les centaines de médias alternatifs fragmentés (réseaux sociaux, chaînes TV sur internet, ….etc) tout cela démultiplié par les outils d’intelligence artificielle, comment lutter contre le confusionnisme, l’instrumentalisation des émotions, comment développer l’esprit critique et politiser les enjeux ?
Les « vérités alternatives », comme les menteurs aiment à les nommer, ont remplacé une analyse rationnelle des faits ou tout simplement la réalité scientifique.
Quand on élimine la frontière entre le vrai et le faux, c’est la démocratie qu’on ébranle. Alors que toute l’énergie des gouvernements de notre planète devrait être consacrée à la coopération, à la lutte contre la pauvreté, à une meilleure répartition des richesses, à une stratégie contre le réchauffement climatique, contre l’effondrement possible de la biodiversité, les dirigeants capitalistes préfèrent nier ces réalités pour s’approprier les richesses communes, ébranler nos démocraties, nier le droit international, faire la guerre aux régimes qui ne leur plaisent pas ou enlever les dirigeants de ces pays .
On le voit bien la rhétorique guerrière, raciste, xénophobe, antisémite, cultive les divisions et la concurrence, distille les peurs et devient majoritaire.
Le congrès et après ? :
Dans nos débats de congrès, nous allons sûrement débattre sur le sujet de fond « quelle société souhaitons nous ? » : Aller vers une société communiste. Mais qu’est ce que le communisme ? Si le débat est à nouveau posé, c’est assurément parce que les expériences vécues ou expérimentées (De la commune de Paris à la société chinoise en passant par l’union soviétique, la société cubaine, chacune dans son histoire, son contexte …) ne nous ont pas apporté satisfaction. N’étant ni un marxiste expérimenté, ni un chercheur en sciences sociales, j’y apporterai juste ma toute petite pierre :
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Pour moi le communisme c’est : développer la culture de paix, la solidarité internationale, agir pour l’autodétermination des peuples
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Pour moi le communisme c’est : l’état réel des choses qui tend à la mise en commun des ressources/richesses qu’elles soit naturelles ou transformées, tout en préservant la planète.
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Pour moi le communisme c’est : la mise en place de règles, de mécanismes, qui empêchent l’accumulation du capital.
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Pour moi le communisme c’est : la mise en place de règles, de lois, qui permettent d’associer tout être humain au choix démocratique (On sait comment ont été vécues et ce que sont devenues les nationalisations sans contrôle salarié»)
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Pour moi le communisme c’est : ce qui permet à chacun en fonction de sa force de travail d’apporter ou pas ses compétences à l’élaboration de biens communs ou individuels au travers de services publics ou d’entreprises privées.
Je n’irai pas plus loin car ce n’est pas l’objet principal de ma contribution .
Une fois le but à atteindre identifié, ce que nous n’allons pas manquer d’affiner pendant ce congrès, comment le partager avec le plus grand nombre pour sa mise en place.
Mener la bataille des idées : Compte tenu du contexte et de notre objectif, le problème qui nous est posé est donc la conquête de l’hégémonie culturelle des idées progressistes de notre projet pour la mise en place de cette nouvelle société progressiste. (A la droite extrême, les « Bolloré », « Stérin » et consorts se sont organisés (ils ont le capital pour le faire) pour peser sur l’opinion générale)
À chaque congrès ou conférence nationale, après une série de processus démocratiques (contributions, débats, votes et choix d’orientations), je ne sais pas ce que vous en faites de ces orientations, vous dans vos fédérations, mais dans la mienne, cela reste au « fond du tiroir ». Et tout reprend son petit rythme sans s’interroger comment l’on va décliner sur notre terrain ces orientations. Des orientations nationales sans déclinaisons et relais dans les départements ne servent à rien.
Prenons l’exemple de quelques orientations adoptées lors du congrès de 2023 et lors de la conférence nationale de décembre 2024 et interrogeons nous comment nous les avons déclinés dans nos fédérations :
Lieux de travail : « C’est pourquoi le déploiement de l’activité des communistes sur les lieux de travail doit devenir un objectif prioritaire, partagé, une orientation portée par l’ensemble du parti. Cela doit trouver une traduction concrète dans notre organisation…… »
Solidarité : « Les initiatives de solidarité concrète du parti (ventes solidaires de fruits et légumes, journées à la mer, soutiens scolaires, collectes alimentaires…), au-delà de l’aide qu’elles apportent, expriment en actes la fraternité, la solidarité de classe.…. »
Formation : « …En plus des programmes de formation structurés, des initiatives ponctuelles de formation thématiques peuvent être organisées, ouvertes à toutes et tous.…. »
Outils numériques : « La communication politique du parti doit prendre en compte, à toutes les échelles, les immenses évolutions apportées par la révolution numérique et informationnelle, tant sur les usages, leurs potentialités, que leurs limites.…. »
« …..Cela nécessite d’harmoniser la forme de la communication numérique des instances nationales, fédérales et locales, ce qui contribuerait grandement à renforcer la lisibilité du PCF.… »
Nos revues : « Les structures locales et le conseil national du parti doivent travailler à leur appropriation par les adhérent·es et à leur diffusion en travaillant au développement de leurs abonnements. Les structures locales et le conseil national du parti doivent travailler à leur appropriation par les adhérent·es et à leur diffusion en travaillant au développement de leurs abonnements.….. »
Comment avons nous décliner ces 10 axes d’actions de la feuille de route adoptée en décembre 2024 ? (A part les municipales qui elles, ont été à priori prises en compte).
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Promouvoir dans toute notre activité les cinq grands identifiants de notre projet communiste pour répondre aux défis du XXIe siècle
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Faire du développement de notre politique de paix et de solidarité internationale une priorité de l’action du parti
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Établir un programme de travail de nos directions nationales et départementales sur le projet communiste et les conditions de sa mise en œuvre
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Déployer dans la durée notre campagne nationale contre l’austérité, pour l’industrie, les services publics, le développement de l’emploi et la formation
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Développer notre dispositif de lutte contre l’extrême droite
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Renforcer la place de la vie du parti et de la bataille financière dans nos temps de travail nationaux et locaux
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Développer la communication du parti à tous les niveaux pour élever le niveau de conscience de classe et renforcer notre influence
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Préparer les élections municipales de 2026 pour renforcer les majorités de gauche et pour de nouvelles conquêtes face au danger de l’extrême droite et des droites réunies.
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Préparer les prochaines élections législatives et la prochaine élection présidentielle.
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Lancer dans la classe travailleuse et dans la gauche, un processus d’États-généraux pour le peuple, pour la France, pour la paix
Nous pourrions ajouter, comment nous saisissons nous du travail de nos commissions nationales thématiques (Livrets thématiques entre autres travaux)
De la nécessité de s’organiser, et de se renforcer.
Même si certaines campagnes médiatiques comme la campagne sur les 211 milliards accordés au patronat ont pu émerger dans l’océan médiatique, elles sont vite retombées, submergées par l’actualité de la guerre où des campagnes médiatiques contre la gauche. Que sont devenues notre campagne pour les services publics, notre campagne pour la sécurité, emploi, formation ? Notre « force de frappe » n’est pas suffisante face à nos adversaires.
Pour pouvoir répondre à toutes les campagnes de « vérités alternatives », à toutes les « fakes news », véhiculées par nos adversaires de classe, pour que des solutions progressistes émergent nous avons besoin :
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de militants armés idéologiquement et actifs pour pouvoir répondre et proposer.
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de nouveaux adhérents pour renforcer la lutte.
Pour des militants armés idéologiquement, revivifier la vie démocratique de nos organisations:
Il faut bien se rendre à l’évidence, au delà du vieillissement et de l’usure de nos militants, l’absence de cellules qui fonctionnent réellement ne permet pas au plus grand nombre de participer, de s’organiser, de militer.
Quelles réalités !
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Des militants syndicaux ou associatifs têtes baissées dans leurs activités et qui « n’ont plus le temps » de participer à l’activité du parti.
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Des élus qui eux n’ont plus « n’ont plus le temps »
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Des jeunes trop peu nombreux mais souvent en quête d’actions plus radicales.
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Des retraités encore actifs qui font ce qu’ils peuvent en fonction de leur état de santé.
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Et enfin un petit nombre d’actifs ayant moins d’engagements qui font ce qu’ils peuvent.
Alors comment faire vivre des orientations, des idées dans un contexte difficile et les transformer en « faits concrets » ?
Dès lors que nous manquons d’animateurs de cellules, de sections, comment faire participer le plus grand nombre d’adhérents sans attendre les AG qui ne facilitent pas forcément l’expression du plus grand nombre ?
Pour s’engager, il y a nécessité de porter un combat juste, mais aussi de pouvoir s’exprimer autour de ses propres centres d’intérêts, de se sentir utile. Comme nos statuts nous y invitent la mise en place de collectifs thématiques départementaux ouverts aux adhérents (et éventuellement aux sympathisants) qui pourraient eux mêmes alimenter nos commissions thématiques nationales pourraient être une piste intéressante.
Dès lors que nous travaillons avec des moyens limités (forces militantes) il y a nécessité d’être plus organisé, de plus planifier les activités pour faciliter un meilleur engagement :
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Conférences/débats internes ou publiques
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Actions vers les entreprises
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Plans de formation/ partage de connaissances
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Réunions
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Portes à portes – distributions
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Diffusion de journaux, bulletin d’adhérents …etc
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Présence sur les réseaux sociaux / site internet
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Participations eux manifestations
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….etc
D’où la nécessité de responsables formés à l’organisation. Pourquoi ne pas proposer au niveau national des « kits d’organisation », tout comme il y a le « kit de renforcement » ? Mais bien évidemment que cela passe aussi par de la formation. L’organisation, cela ne s’improvise pas.
De nouveaux adhérents pour renforcer la lutte, comment ? :
Se mettre un objectif c’est bien mais comment l’atteindre ? Nous voyons bien que trop souvent les actions de renforcement sont délaissés au profit d’autres activités. Et si nous changions nos manières d’aborder les sujets. Au lieu de parler d’abord des sujets d’actualités, si nous proposions d’adhérer ? Cela entraîne souvent la question du « pour quoi faire ? » et oblige à parler ensuite des autres sujets.
Nous savons bien les écueils qui sont les nôtres, nous portons les valises historiques des sociétés communistes qui ont échouées et le communisme municipal qui portait en lui des valeurs de partage de progrès s’est affaiblit avec une réduction des moyens des collectivités mais aussi des concurrents qui ont repris à leur compte nos manières de faire.
Nous avons donc besoin en complément, de campagnes de renforcement lancées par le national avec une planification simultanée d’actions dans tous les départements pour leur donner du poids et le retentissement médiatique nécessaire.
Faciliter l’engagement et le travail collectif par des outils numériques non dépendants des milliardaires du numérique au service de notre activité collective.
Depuis plusieurs années maintenant le numérique bouleverse nos sociétés, transforme le travail, bouleverse la production de biens, les modes de consommations mais il peut être aussi un formidable acteur de démocratie, de travail collectif et d’émancipation.
La commission « Révolution Numérique » et son secteur « Outils » met à disposition des organisations du parti des outils « libres » non dépendants des grandes plate-formes US (GAMAM – Google-Apple-Meta-Amazon-Microsoft).
Les fonctionnalités/possibilités sont immenses et bien organisées entraînent gain de temps et efficacité (productivité diraient les capitalistes). Nos outils ne s’installent pas et sont directement utilisables avec un « navigateur Internet » :
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Gérer les adhérents, les contacts bien sur.
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Faire des réunions, des formations en visio-conférence (en faisant le relevé de décisions simultanément) évite les déplacements, permet au plus grand nombre de participer.
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Avoir des adresses mails au nom de votre organisation (cohérence d’image sur les réseaux : nom@orga.pcf.fr) et stocker vos messages politiques sur des serveurs nationaux sécurisés.
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Utiliser des listes de diffusion (pour s’adresser par courriel au plus grand nombre).
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Utiliser un système de messagerie instantanée qui nous est propre (pour s’affranchir des WhatAapp, Signal, Télégram …etc.
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Stocker, partager élaborer des documents mis en commun. Travailler collectivement sur le même document à distance avec suivi de modifications.
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Avoir des agendas partagés, des outils de sondage, des outils d’élaboration de formulaire.
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Avoir un site Internet pour son organisation.
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…..etc
Mais n’oublions pas le plus important, car cela nécessite un vrai changement dans nos habitudes. L’hégémonie culturelle est telle et les habitudes tellement ancrées dans nos habitudes individuelles que ces changements nécessitent l’engagement complet des instances de directions nationales, fédérales, de sections pour la conduite du changement.
L’utilisation d’outils numériques nécessite planification et structuration pour l’organisation de nos activités. La mise en place d’outils numériques prend du temps et peut s’avérer longue et difficile selon la maîtrise ou non de nos militants. Mais le gain de long terme est réel : une communication facilitée, une capacité à transmettre la connaissance entre générations militantes bien supérieure, une plus grande efficacité dans nos campagnes et pour nos élus s’ils si impliquent, une organisation plus fluide de l’activité du Parti.
Ces outils ne sont utiles que s’ils sont appropriés par les camarades. Cela implique donc plan de formation et formation de formateurs, d’aides tout au long du processus d’appropriation. Mais aussi l’engagement total des instances de directions et de leur principal animateur.
Document joint : 📄 FD18-JFP-Organisation-vie-democratique-2026-03-15