40ᵉ Congrès du PCF : pour un communisme de conquêtes renforcé
Prénom : Bruno
Email : b.noble@orange.fr
Section : Saint-Florent sur Cher
Sujet : Organisation, Stratégie
Contribution :
40ᵉ Congrès du PCF : pour un communisme de conquêtes renforcé
Nous abordons ce 40ᵉ congrès avec quatre textes soumis au vote des communistes. J’ai moi-même signé le texte « Stratégie communiste », porté notamment par de jeunes camarades. Ce texte aborde plusieurs questions essentielles qui sont insuffisamment traitées dans le texte proposé par la direction sortante, « Un communisme de conquêtes ».
Il n’est pas concevable qu’une direction sortante se représente sans procéder à un véritable bilan critique de son mandat. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur le fonctionnement et l’organisation de notre Parti.
Après avoir réintroduit dans nos statuts la fonction de secrétaire à l’organisation et organisé quelques réunions nationales, cette question a rapidement été reléguée au second plan. De la même manière, des campagnes nationales sont régulièrement lancées sur des thèmes importants, mais elles s’éteignent souvent aussi vite qu’elles sont apparues, avant d’être remplacées par d’autres qui connaissent le même sort.
Aucune évaluation sérieuse n’est menée pour mesurer leur appropriation par les fédérations, comprendre les difficultés rencontrées ou apporter l’aide nécessaire à leur mise en œuvre. Pourtant, c’est dans la durée, l’accompagnement et le travail collectif que se construit l’efficacité politique.
J’aurais également pu signer le texte « Résister et construire », porté notamment par Frédéric Boccara et des camarades qui disposaient déjà d’un réseau de réflexion et de travail structuré. Pour moi, l’essentiel était que ces deux textes, complémentaires de celui dela direction sortante, puissent nourrir pleinement le débat des communistes.
Ces deux textes s’inscrivent dans la continuité des orientations adoptées lors des deux précédents congrès. Elles ont soutenu la direction sortante et son secrétaire national. Elles ne constituent donc pas des textes d’opposition à Fabien Roussel. Si leurs apports avaient été davantage pris en compte au cours du mandat écoulé, elles n’auraient sans doute pas eu besoin d’exister sous cette forme aujourd’hui.
À l’inverse, le texte « Communistes à l’offensive », porté notamment par Stéphane Peu et soutenu par l’ancien secrétaire national Pierre Laurent, propose selon moi une orientation de retour en arrière. Il renvoie à une période antérieure au 38ᵉ congrès, lorsque le PCF était engagé dans une logique d’effacement progressif derrière ce qui allait devenir la France insoumise et la figure de Jean-Luc Mélenchon.
Les communistes vont maintenant devoir se prononcer. Le risque existe de voir les voix se disperser entre trois textes qui, malgré leurs différences, s’inscrivent dans la continuité du redressement engagé lors des deux derniers congrès. Face à eux, un seul texte défend une autre orientation : celle d’un communisme de conquêtes.
Car il faut appeler les choses par leur nom : l’effacement du PCF derrière d’autres forces politiques conduirait, à terme, à son affaiblissement, voire à sa disparition. Et ceux qui ambitionnent de prendre notre place mènent naturellement campagne dans ce sens.
Face à cet enjeu, je voterai et je ferai campagne, sans hésitation, pour le texte de la direction sortante. Mais ce vote ne constitue pas un blanc-seing.
Le texte « Un communisme de conquêtes » devra être enrichi et amendé en intégrant les apports de « Stratégie communiste » et de « Résister et construire », ce qui aurait dû être engagé dès sa rédaction.
Enfin, je considère qu’il est prématuré de vouloir trancher dès aujourd’hui la question de l’élection présidentielle de 2027. Avant de désigner un candidat, le Parti doit d’abord clarifier ses objectifs politiques, sa stratégie de rassemblement et les batailles qu’il entend mener dans les années qui viennent. La candidature communiste n’est pas une fin en soi. Elle doit être au service d’un projet, d’un rapport de forces et d’une ambition de transformation sociale. C’est pourquoi je pense que les communistes ont besoin de temps pour débattre sereinement de ces enjeux. La Fête de l’Humanité, qui se tiendra à la mi-septembre, constituera un moment privilégié pour poursuivre cette réflexion avec les militants, les sympathisants et l’ensemble des forces progressistes. Une décision aussi importante gagnerait à être prise après ce temps fort politique et populaire. Elle permettrait d’engager le Parti dans la campagne présidentielle sur des bases plus solides, plus réfléchies et plus largement partagées par les communistes.
Le 40ᵉ congrès doit être un moment de clarification, de rassemblement et d’ambition. Un Parti communiste plus fort, mieux organisé et plus influent sera indispensable pour faire grandir les luttes, ouvrir des perspectives de changement et porter l’espoir d’une société libérée de la domination du capital.
Bruno Noble